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Droit du travail

Conseil droit du travail gratuit par téléphone : tous les numéros

Besoin d'un conseil droit du travail gratuit par téléphone ? Découvrez les numéros officiels (3039, inspection du travail), les permanences juridiques

Laure BonnetLaure Bonnet 21 minutes

Obtenir un conseil en droit du travail gratuit par téléphone est possible via trois canaux officiels : le 0 806 000 126 (inspection du travail, renseignement technique au prix d'un appel local), le 3039 (numéro unique de l'accès au droit, gratuit et anonyme), et les permanences juridiques gratuites des barreaux et CDAD où un avocat vous reçoit sans frais. Aucun ne remplace une consultation personnalisée payante en cas de litige constitué.

Obtenir un conseil en droit du travail gratuit par téléphone est possible via plusieurs canaux officiels : l'inspection du travail (0 806 000 126), le 3039 pour l'accès au droit, et les permanences juridiques gratuites des barreaux. Aucun de ces services ne remplace une consultation personnalisée avec un avocat, mais chacun répond à un besoin précis : de l'information générale à l'orientation vers un professionnel. À l'heure où le droit du travail connaît des évolutions majeures, notamment avec la LOI n° 2026-122 du 23 février 2026 sur la confidentialité des consultations des juristes d'entreprise, connaître ces ressources publiques devient un réflexe indispensable pour tout salarié.

Comparatif en un coup d'œil

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DispositifCanalNuméroCoûtHorairesType de serviceAnonymat
Inspection du travail (SRDT)Téléphone0 806 000 126Gratuit + prix d'un appel localVariable selon régionRenseignement en droit du travailNon garanti
3039 – Accès au droitTéléphone3039GratuitVariable selon régionOrientation juridique généraleOui
Permanences juridiques (CDAD/Barreaux)Présentiel / téléphoneVariable selon lieuGratuitSur rendez-vous ou créneaux fixesConsultation avec un avocatNon
Défenseur des droitsTéléphone + en ligne09 69 39 00 00Gratuit + prix d'un appel localVariableRéclamation pour discriminationNon
SyndicatsPrésentiel / téléphoneVariable selon syndicatGratuit pour les adhérentsPermanences syndicalesInformation et défense collectiveNon

Pourquoi chercher un conseil droit du travail gratuit par téléphone ?

Le droit du travail régit une relation fondamentalement asymétrique. Le salarié, que la doctrine qualifie de « partie faible » du contrat de travail, fait face à un employeur généralement mieux outillé juridiquement. Cette asymétrie s'est renforcée avec la LOI n° 2026-122 du 23 février 2026 relative à la confidentialité des consultations des juristes d'entreprise (source : legifrance.gouv.fr). Désormais, les avis juridiques sollicités par l'employeur auprès de ses juristes internes bénéficient d'une protection renforcée : le salarié ne peut y accéder.

Dans ce contexte, les dispositifs publics gratuits deviennent la première ligne d'accès au droit pour les salariés. Consulter un avocat spécialisé en droit du travail coûte entre 150 € et 300 € de l'heure en moyenne, un montant dissuasif pour beaucoup. Les canaux officiels pour poser une question sur le droit du travail gratuitement constituent donc une alternative précieuse, à condition d'en comprendre les limites.

Comprendre le rôle et les missions d'un avocat droit du travail est essentiel pour naviguer ces complexités.

Appeler un service gratuit avant d'agir permet souvent d'éviter une erreur procédurale lourde. Un salarié qui démissionne sans connaître les conséquences sur ses droits au chômage, ou qui signe une transaction sans en mesurer la portée, prend un risque irréversible. Un appel de dix minutes peut suffire à identifier le bon interlocuteur et le délai de recours applicable.

Le salarié, partie faible du contrat de travail

Le Code du travail repose sur un principe fondamental : la protection de la partie réputée la plus vulnérable. Cette logique irrigue des mécanismes comme le délai de rétractation, la charge de la preuve partagée en matière de discrimination, ou la procédure de licenciement strictement encadrée. Une analyse du Conseil constitutionnel publiée en 2026 rappelle que « le droit du travail a pour objet l'organisation des rapports inégaux entretenus par le salarié » (source : conseil-constitutionnel.fr).

Le salarié dispose rarement d'un service juridique interne. L'employeur, lui, peut mobiliser un juriste d'entreprise ou un cabinet d'avocats. La LOI n° 2026-122 accentue ce déséquilibre en protégeant la confidentialité des consultations des juristes internes : le salarié ne peut plus espérer obtenir ces documents dans le cadre d'un contentieux prud'homal. Face à cette architecture du droit, les services publics gratuits ne sont pas un luxe : ils sont un correctif.

Quand appeler avant de prendre une décision ?

Certains moments-clés justifient un appel immédiat à un service gratuit. Une convocation à un entretien préalable de licenciement : le salarié doit savoir qu'il peut se faire assister par un membre du personnel ou, en l'absence d'institutions représentatives, par un conseiller extérieur (art. L. 1232-4 du Code du travail). Une proposition de rupture conventionnelle : vérifier le montant minimal de l'indemnité spécifique avant de signer. Une modification du contrat imposée par l'employeur : distinguer ce qui relève du pouvoir de direction et ce qui nécessite l'accord du salarié.

Appeler au stade de la simple interrogation : avant que la situation ne se cristallise : permet aussi d'anticiper. Un salarié en arrêt maladie qui s'interroge sur le maintien de salaire, un autre qui soupçonne une discrimination salariale : un renseignement précoce donne le temps d'agir dans les délais légaux, sans précipitation.

Le 0 806 000 126 : le numéro de l'inspection du travail

Le 0 806 000 126 est le numéro du Service de Renseignements en Droit du Travail (SRDT), rattaché à l'inspection du travail. Selon le site officiel travail-emploi.gouv.fr, l'appel est facturé au prix d'un appel local, sans surcoût pour le service lui-même. Au bout du fil, un agent formé répond aux questions sur le contrat de travail, le licenciement, la durée du travail, les congés payés, le salaire minimum, ou encore le harcèlement moral et sexuel.

Ce service couvre un spectre large mais s'arrête là où commence le conseil personnalisé. L'agent peut expliquer ce que dit le Code du travail sur la procédure de licenciement, rappeler les délais légaux, ou indiquer les démarches à entreprendre. Il ne peut pas qualifier juridiquement votre situation, vous recommander une stratégie contentieuse ni rédiger un courrier. La nuance est essentielle : il s'agit de renseignement juridique, pas d'une consultation au sens de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971.

Dans certaines régions, le SRDT propose une prise de rendez-vous téléphonique pour un créneau dédié, ce qui évite l'attente. Les horaires varient selon les directions régionales (DREETS), généralement en semaine durant les heures de bureau. Le site travail-emploi.gouv.fr détaille les modalités par région.

Ce que les agents peuvent vous dire

Un agent du SRDT peut vous renseigner sur un point technique précis : « Quel est le délai de préavis pour un licenciement après deux ans d'ancienneté ? » Réponse : un mois pour un employé de moins de deux ans d'ancienneté, deux mois au-delà (art. L. 1234-1 du Code du travail). Il peut aussi expliquer le fonctionnement du barème d'indemnités prud'homales, rappeler que le salarié dispose d'un délai de 12 mois pour contester un licenciement (art. L. 1471-1), ou orienter vers le formulaire Cerfa approprié.

Les thèmes couverts incluent la formation du contrat, l'exécution (heures supplémentaires, droit à la déconnexion), la suspension (maladie, congé maternité) et la rupture. L'agent s'appuie sur les textes en vigueur et les circulaires ministérielles, sans interprétation extensive. Il peut également signaler une convention collective applicable si vous lui communiquez votre branche professionnelle.

Ce que l'inspection du travail ne peut pas faire à votre place

L'inspection du travail n'intervient pas dans un litige individuel entre un salarié et son employeur. Elle ne peut ni enjoindre à l'employeur de verser un rappel de salaire, ni annuler un licenciement, ni se substituer à votre avocat devant le conseil de prud'hommes. Son pouvoir de contrôle s'exerce à l'échelle de l'entreprise (respect des normes de sécurité, lutte contre le travail illégal) et non au service d'un dossier personnel.

L'agent ne rédigera pas votre lettre de contestation et ne vous conseillera pas sur le choix d'accepter ou de refuser une rupture conventionnelle. Si votre situation requiert une analyse individualisée, il vous orientera vers une permanence juridique, un avocat, ou un syndicat. Garder cette distinction en tête évite une déception : et une perte de temps précieux si un délai de recours approche.

L'essentiel

  • L'inspection du travail (0 806 000 126) fournit un renseignement technique gratuit sur le Code du travail, pas un conseil juridique personnalisé ni une intervention dans un litige individuel.
  • Le 3039 est gratuit, anonyme et accessible aux personnes sourdes et malentendantes : il oriente vers le bon interlocuteur sans délivrer de consultation juridique.
  • Les permanences juridiques gratuites (CDAD, barreaux) permettent de consulter un avocat en droit du travail sans frais, en présentiel ou parfois par téléphone.
  • La LOI n° 2026-122 du 23 février 2026 renforce la confidentialité des consultations des juristes d'entreprise côté employeur : elle ne profite pas au salarié, qui doit s'informer via les canaux publics.

Le 3039 : le numéro unique de l'accès au droit, gratuit et anonyme

Le 3039, porté par le ministère de la Justice, est le numéro unique de l'accès au droit. Gratuit, anonyme et accessible aux personnes sourdes et malentendantes, il répond à toute question juridique, droit du travail compris. Selon justice.fr et info.gouv.fr, son rôle premier est l'orientation : vous expliquer vos droits dans les grandes lignes et vous diriger vers l'interlocuteur compétent : point-justice, avocat, conciliateur, administration.

Contrairement à l'inspection du travail qui se concentre exclusivement sur la relation de travail, le 3039 balaye tout le spectre juridique. Un salarié qui s'interroge sur les conséquences fiscales d'une indemnité transactionnelle ou sur l'impact d'un licenciement sur son droit au logement peut y trouver une première réponse transversale. Le service ne délivre pas de consultation juridique personnalisée au sens strict : il informe, oriente, et parfois aide à remplir un formulaire administratif.

Les opérateurs du 3039 sont formés à l'écoute et à l'orientation, pas nécessairement spécialistes en droit du travail. Leur valeur ajoutée : vous éviter de naviguer entre dix numéros différents. Si votre question est déjà ciblée et technique, l'inspection du travail sera plus pertinente. Si vous ignorez par où commencer : convocation à un entretien, courrier ambigu de l'employeur, doute sur la légalité d'une clause : le 3039 est un premier filtre efficace.

Comment fonctionne le 3039 pas à pas

L'appel au 3039 suit une logique simple. Première étape : composer le numéro depuis un téléphone fixe ou mobile en France métropolitaine comme en outre-mer. L'appel aboutit à un serveur vocal qui vous oriente selon votre département. Deuxième étape : un opérateur prend l'appel et vous demande de décrire brièvement votre situation. Pas besoin de décliner votre identité : l'anonymat est garanti.

Troisième étape : l'opérateur qualifie sommairement le problème (droit du travail, droit de la famille, litige de voisinage…) et vous communique les coordonnées du point-justice le plus proche, ou d'une permanence juridique spécialisée. Selon le cas, il peut aussi vous indiquer un site officiel (service-public.fr, une convention collective en ligne) ou un formulaire à télécharger. L'échange dure en moyenne entre 5 et 10 minutes.

Accessibilité : personnes sourdes et malentendantes

Le 3039 est accessible aux personnes sourdes ou malentendantes via un service de transcription simultanée et de visio-interprétation en langue des signes française (LSF). Ce dispositif, déployé en partenariat avec des associations spécialisées, permet à un salarié en situation de handicap d'accéder à l'information juridique sans intermédiaire familial ou professionnel. L'accès se fait par une plateforme dédiée dont les coordonnées sont fournies sur justice.fr.

Cette accessibilité est une garantie d'égalité devant le service public de la justice. Dans le contexte du droit du travail, où les discriminations liées au handicap représentent une part significative des réclamations adressées au Défenseur des droits (dernier chiffre publié : 2024), ce canal est un maillon essentiel de l'accès au droit.

Les permanences juridiques gratuites : un avocat en droit du travail sans frais

Les permanences juridiques gratuites constituent le service le plus proche d'une consultation d'avocat sans bourse délier. Organisées par les Conseils départementaux de l'accès au droit (CDAD), les barreaux ou certaines mairies, elles permettent de rencontrer un avocat : parfois spécialisé en droit du travail : pour un entretien de 15 à 30 minutes. L'avocat écoute, qualifie sommairement le problème juridique et indique les options disponibles.

Le maillage territorial est dense : un point-justice existe dans chaque département. Pour trouver la permanence la plus proche, le site justice.fr propose un annuaire interactif avec filtrage par commune et par domaine juridique. Certains barreaux organisent des permanences téléphoniques à jours fixes : le barreau de Paris propose par exemple des consultations gratuites par téléphone certains soirs de semaine. Ces créneaux sont à vérifier directement sur le site de chaque barreau.

Ces permanences présentent un avantage décisif par rapport aux numéros nationaux : le professionnel qui vous reçoit peut poser un diagnostic personnalisé. Il identifiera si votre licenciement présente des irrégularités de forme ou de fond, estimera le montant potentiel d'une indemnité devant les prud'hommes, et vous dira si une action en justice a des chances sérieuses. C'est le premier niveau de conseil juridique personnalisé : celui que ni le 3039 ni le SRDT ne peuvent délivrer.

Trouver une permanence juridique près de chez soi

Le site justice.fr centralise l'information. Rendez-vous dans la rubrique « Point-justice » et saisissez votre commune ou code postal. La plateforme affiche les permanences à proximité avec leurs horaires, les domaines couverts (droit du travail, droit de la famille, droit des étrangers…) et la possibilité ou non de prendre rendez-vous. Certains points-justice fonctionnent sans rendez-vous, d'autres exigent une inscription préalable.

Les CDAD coordonnent ces permanences au niveau départemental. Leurs coordonnées figurent sur les sites des tribunaux judiciaires. Un exemple concret : le CDAD du Val-de-Marne propose plusieurs permanences dédiées au droit du travail réparties dans les communes du département, avec des avocats volontaires inscrits au barreau de Créteil.

Conseil juridique droit du travail gratuit en ligne ou par mail

Plusieurs canaux dématérialisés complètent le téléphone. Le site service-public.fr propose un service « Vous avez une question ? » où un agent répond par écrit sous quelques jours. Les barreaux de certains départements (Gironde, Bas-Rhin notamment) ont mis en place des consultations juridiques gratuites par courriel ou via un formulaire en ligne. Le Défenseur des droits permet également de déposer une réclamation en ligne pour les discriminations au travail.

Ces canaux écrits présentent un avantage : vous pouvez exposer votre situation de façon structurée, joindre des documents, et conserver la réponse. Le délai de réponse varie de 24 heures à une semaine selon le service. Pour une question urgente : un délai de recours qui expire dans trois jours : le téléphone reste le canal à privilégier.

SOS avocat, syndicats et Défenseur des droits : les autres recours

Au-delà des trois piliers que sont le 3039, l'inspection du travail et les permanences juridiques, d'autres dispositifs existent. Certains barreaux proposent un service d'écoute téléphonique type « SOS avocat » gratuit : un créneau hebdomadaire où des avocats répondent bénévolement aux appels. Ces services sont locaux : le barreau de Lyon, celui de Marseille ou de Lille ont leur propre organisation. Les coordonnées sont à chercher sur le site de chaque barreau, souvent sous l'intitulé « consultations gratuites ».

Les syndicats de salariés offrent une information juridique gratuite à leurs adhérents comme à leurs sympathisants. Un délégué syndical ou un permanent peut expliquer les droits conventionnels, vérifier un bulletin de paie, ou accompagner physiquement un salarié à un entretien préalable de licenciement. La qualité de l'information varie selon la formation des permanents, mais l'avantage est la connaissance intime de la convention collective applicable dans la branche.

Le Défenseur des droits, autorité constitutionnelle indépendante, intervient gratuitement pour les réclamations relatives aux discriminations au travail (origine, sexe, handicap, grossesse, activité syndicale…). Son numéro, le 09 69 39 00 00, permet un premier contact téléphonique avant un dépôt de réclamation formalisé en ligne ou par courrier. Le Défenseur des droits peut diligenter une enquête et formuler des recommandations, mais ne se substitue pas au juge prud'homal.

Syndicats : un recours souvent oublié

Un salarié syndiqué dispose d'un accès privilégié à l'information juridique. Les unions locales et les fédérations professionnelles emploient des permanents formés au droit du travail, capables de vérifier la régularité d'une procédure de licenciement ou d'identifier un manquement à la convention collective. Le syndicat peut aussi mandater un défenseur ouvrier pour représenter le salarié devant le conseil de prud'hommes sans avocat (art. L. 1453-1 du Code du travail).

Pour les non-syndiqués, plusieurs organisations acceptent de répondre à une question ponctuelle lors de leurs permanences téléphoniques ou physiques. L'adhésion n'est pas toujours un prérequis pour un premier renseignement. Ce canal reste sous-utilisé alors qu'il offre une expertise sectorielle que les services généralistes (3039, SRDT) ne peuvent pas égaler.

Défenseur des droits : pour les cas de discrimination au travail

Le Défenseur des droits traite les discriminations prohibées par l'article L. 1132-1 du Code du travail. Sa compétence couvre l'embauche, l'exécution du contrat, la promotion et la rupture lorsqu'un motif discriminatoire est suspecté. La saisine est gratuite et peut se faire par téléphone au 09 69 39 00 00, via le formulaire en ligne sur defenseurdesdroits.fr, ou par courrier.

L'institution dispose de pouvoirs d'investigation (auditions, vérifications sur place) et peut recommander une solution amiable ou transmettre le dossier au parquet. Elle ne rend pas de décision contraignante : pour obtenir des dommages et intérêts, le salarié devra saisir le conseil de prud'hommes. En revanche, l'avis du Défenseur des droits constitue un élément probatoire que le juge prend en compte.

Cas pratique : licenciement contesté, quel numéro appeler en premier ?

Prenons un cas concret. Monsieur L., 38 ans, technicien de maintenance avec 7 ans d'ancienneté dans une PME de 45 salariés, reçoit le 2 septembre 2026 une convocation à un entretien préalable de licenciement fixé au 10 septembre. Il n'a jamais vécu de procédure disciplinaire et ne comprend pas les griefs évoqués : « insuffisance professionnelle » : un motif qu'il juge infondé.

Le Code du travail impose un délai minimal de 5 jours ouvrables entre la remise de la convocation et l'entretien (art. L. 1232-2). Ce délai court : Monsieur L. n'a que quelques jours pour s'informer, préparer sa défense et, le cas échéant, se faire assister. Il dispose d'un smartphone et d'une ligne fixe, mais n'a jamais consulté d'avocat. Voici l'enchaînement des appels recommandé.

Étape 1 : s'orienter avec le 3039

Monsieur L. compose le 3039 dès réception de la convocation, le 2 septembre. Il explique sa situation : convocation reçue, motif flou, délai de 5 jours, pas de représentant du personnel dans l'entreprise. L'opérateur identifie le domaine (droit du travail), rappelle le délai légal, confirme le droit à assistance (art. L. 1232-4), et communique les coordonnées de la permanence juridique gratuite la plus proche : ouverte le jeudi suivant, soit le 5 septembre.

L'appel dure 9 minutes. Monsieur L. obtient une orientation claire sans avoir à décliner son identité. L'opérateur lui conseille aussi de contacter l'inspection du travail pour vérifier la régularité formelle de la procédure. Le 3039 a rempli son office : orienter, sans analyser le fond du dossier.

Étape 2 : vérifier la procédure via l'inspection du travail

Le 3 septembre, Monsieur L. appelle le 0 806 000 126. Il expose les faits : convocation pour insuffisance professionnelle, ancienneté de 7 ans, PME sans CSE. L'agent du SRDT vérifie les points suivants : la lettre de convocation mentionne-t-elle bien la possibilité de se faire assister ? Le délai de 5 jours ouvrables est-il respecté ? Une insuffisance professionnelle doit reposer sur des éléments objectifs et non sur une simple appréciation subjective de l'employeur.

L'agent rappelle une jurisprudence constante : l'insuffisance professionnelle constitue une cause réelle et sérieuse de licenciement uniquement si elle repose sur des faits précis, vérifiables et imputables au salarié. Il ne peut pas qualifier juridiquement le dossier de Monsieur L., mais il lui donne les repères pour argumenter lors de l'entretien. Il oriente également vers la convention collective de la métallurgie pour vérifier d'éventuelles garanties conventionnelles supplémentaires.

Étape 3 : consulter un avocat en permanence juridique gratuite

Le 5 septembre, Monsieur L. se rend à la permanence juridique du CDAD indiquée par le 3039. Il rencontre un avocat inscrit au barreau local, spécialisé en droit du travail. En 25 minutes, l'avocat analyse la convocation, les griefs et le contexte. Verdict : la lettre de convocation ne mentionne pas la faculté de se faire assister par un conseiller du salarié : un vice de forme qui peut fonder une contestation ultérieure. L'avocat conseille à Monsieur L. de se rendre à l'entretien avec un conseiller extérieur (liste disponible en mairie), de contester point par point les griefs, et d'attendre la notification du licenciement pour engager une procédure prud'homale dans le délai de 12 mois (art. L. 1471-1 du Code du travail).

L'article L. 1422-3 du Code du travail, dont la nature juridique a été précisée par la décision n° 2026-325 L du Conseil constitutionnel le 2 juillet 2026 (source : conseil-constitutionnel.fr), conforte le rôle des services publics dans l'accès au droit du travail. Cette architecture juridique garantit au salarié un premier niveau d'information gratuit, sans préjudice d'un recours ultérieur à un avocat.

Erreur courante : confondre renseignement gratuit et conseil juridique personnalisé

L'erreur la plus fréquente chez les salariés qui appellent un numéro gratuit consiste à attendre de l'agent un diagnostic juridique complet et une stratégie contentieuse. Les services publics (3039, SRDT) délivrent une information juridique générale et une orientation. Ils ne réalisent pas une « consultation juridique » au sens de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971, activité réservée aux avocats et autres professionnels du droit réglementés.

La confusion a des conséquences pratiques lourdes. Un salarié qui, sur la foi d'un renseignement téléphonique, estime son licenciement « certainement abusif » et décide seul de saisir les prud'hommes sans assistance, peut mal qualifier les faits, formuler des demandes non chiffrées ou contradictoires, et voir son dossier rejeté. Autre écueil : croire que l'inspection du travail va « annuler » le licenciement. Elle n'en a pas le pouvoir.

La LOI n° 2026-122 du 23 février 2026 renforce cette distinction de facto. En protégeant la confidentialité des consultations des juristes d'entreprise du côté employeur, elle crée un « blindage » juridique dont le salarié ne bénéficie pas. Face à un employeur qui a consulté son juriste interne en amont d'un licenciement, le salarié ne peut pas se contenter d'un simple renseignement téléphonique. Il doit chercher un conseil personnalisé : via une permanence juridique gratuite dans un premier temps, puis éventuellement un avocat payant si le litige se noue.

Ce que dit la loi sur l'information juridique gratuite

La loi distingue trois niveaux de service juridique. L'information juridique : rappeler ce que dit un texte, sans analyse de la situation particulière. C'est ce que fournissent le 3039 et le SRDT. La consultation juridique : appliquer le droit à une situation individuelle, qualifier les faits, recommander une marche à suivre. Réservée aux avocats et professionnels réglementés. L'assistance et la représentation en justice : rédiger des conclusions, plaider. Également réservée.

Cette gradation est protectrice pour le justiciable : un non-professionnel qui délivrerait une consultation juridique personnalisée engagerait sa responsabilité et celle du service. Les agents publics respectent donc strictement le périmètre de l'information. Savoir où s'arrête le service gratuit évite de lui demander l'impossible et de perdre un temps utile.

Quand passer à une consultation payante avec un avocat ?

Le passage au conseil payant se justifie dans trois situations. Premièrement, quand le litige est déjà constitué : licenciement notifié, contentieux en cours, transaction proposée avec un montant à évaluer. Deuxièmement, quand les enjeux financiers sont significatifs : une indemnité de licenciement supérieure à 10 000 € mérite une vérification approfondie du calcul et des options fiscales. Troisièmement, quand la procédure devient technique : une saisine du conseil de prud'hommes nécessite une requête motivée et chiffrée.

Pour consulter une avocate en droit du travail, prévoyez un budget de 150 € à 300 € pour une première consultation d'une heure. Certains avocats proposent un premier rendez-vous à tarif réduit. L'aide juridictionnelle, sous condition de ressources, peut prendre en charge tout ou partie des honoraires (barème 2026 : revenu fiscal de référence inférieur à 12 957 € pour une prise en charge totale, selon le dernier barème publié). Les permanences gratuites permettent justement d'évaluer, avec un professionnel, si le recours à un avocat payant est nécessaire et proportionné.

Sources

Fiche pratique

Numéro inspection du travail0 806 000 126 (service gratuit + prix appel local)
Numéro accès au droit3039 (gratuit, anonyme)
Défenseur des droits09 69 39 00 00
Texte de référenceLOI n° 2026-122 du 23 février 2026 (confidentialité des consultations des juristes d'entreprise)
Décision du Conseil constitutionnelDécision n° 2026-325 L du 2 juillet 2026 (art. L. 1422-3 du Code du travail)
Site officiel pour trouver une permanencejustice.fr (rubrique « Point-justice »)
Délai de contestation d'un licenciement12 mois à compter de la notification (art. L. 1471-1 du Code du travail)
Juridiction compétente (litige individuel)Conseil de prud'hommes

Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.

Les questions fréquentes

Qui contacter gratuitement pour les droits du travail ?

Trois interlocuteurs principaux existent : l'inspection du travail au 0 806 000 126 pour un renseignement technique sur l'application du Code du travail, le 3039 (numéro unique de l'accès au droit) pour une orientation juridique générale et anonyme, et les permanences juridiques gratuites des barreaux ou des CDAD pour une consultation avec un avocat.

Est-ce que le 30 39 est gratuit ?

Oui, le 3039 est un numéro gratuit, anonyme et accessible aux personnes sourdes et malentendantes, selon les informations officielles de justice.fr et info.gouv.fr. Il permet d'obtenir une information juridique ou une aide pour accomplir une formalité administrative sans frais.

Qui appeler quand on a une question sur le travail ?

Pour une question technique (contrat, licenciement, temps de travail, harcèlement), appelez l'inspection du travail au 0 806 000 126. Pour une orientation plus large ou si vous ignorez vers qui vous tourner, le 3039 est le point d'entrée unique de l'accès au droit. En cas de discrimination au travail, le Défenseur des droits est compétent.

Comment obtenir un conseil en droit du travail ?

Commencez par les services gratuits : le 3039 pour vous orienter, puis l'inspection du travail pour une question technique. Si votre situation nécessite une analyse personnalisée, prenez rendez-vous dans une permanence juridique gratuite (point-justice, barreau, CDAD) où un avocat vous recevra sans frais. Pour un litige complexe, une consultation payante avec un avocat spécialisé reste recommandée.