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Heures requises pour le congé maternité : les seuils 2026
Droit du travail

Combien d'heures faut-il travailler pour avoir droit au congé maternité ?

Congé maternité : quelles conditions d'heures ou de cotisations remplir pour en bénéficier ? Salariée, CDD, indépendante : le point complet.

Laure BonnetLaure Bonnet 9 minutes

Le congé maternité ne dépend d'aucun seuil d'heures : toute salariée enceinte peut s'absenter dès le premier jour de contrat. Seules les indemnités journalières exigent 150 heures sur les 3 derniers mois ou 600 heures sur les 12 mois précédant la grossesse (Assurance Maladie, 2026).

Aucun minimum d'heures n'est exigé pour bénéficier du congé maternité : ce droit s'ouvre dès le premier jour de contrat. En revanche, le versement des indemnités journalières suppose d'avoir travaillé au moins 150 heures sur 3 mois ou 600 heures sur 12 mois. Cette distinction est la clé pour éviter des erreurs fréquentes. Consultez aussi nos guides sur les protections légales de la salariée enceinte et l'heure de grossesse au travail.

Le congé maternité : un droit sans condition d'heures travaillées

Le droit au congé maternité lui-même ne dépend d'aucune condition d'ancienneté ni d'heures travaillées. Toute salariée enceinte peut en bénéficier dès le premier jour de son contrat, quel que soit le type de contrat de travail : CDI, CDD, intérim. Ce que les textes conditionnent, c'est uniquement le versement d'indemnités journalières pendant ce congé. La distinction est essentielle. Une salariée récemment embauchée a pleinement droit de s'absenter pour sa grossesse, même si elle n'a pas encore accumulé assez d'heures pour être indemnisée par l'Assurance Maladie. Le congé maternité est un droit protecteur, pas une récompense de l'ancienneté. Selon le Code du travail, l'interdiction d'employer une femme enceinte pendant une période déterminée s'impose à l'employeur indépendamment de la durée de présence dans l'entreprise.

Pour mieux appréhender le cadre protecteur en entreprise, renseignez-vous sur les règles du droit du travail pour femme enceinte.

Qui a le droit au congé maternité ?

Toute salariée justifiant d'une déclaration de grossesse effectuée auprès de sa caisse d'assurance maladie dans les 14 premières semaines de grossesse. Aucun minimum d'heures n'est requis. Le droit s'applique dès l'embauche, même la veille du début du congé. La salariée intérimaire ou en CDD enchaînant plusieurs contrats bénéficie du même droit. Le congé maternité relève de l'ordre public : l'employeur ne peut pas le refuser, le reporter ou le fractionner.

La différence entre droit au congé et droit aux indemnités journalières

Le droit au congé est absolu. Le droit aux indemnités journalières, lui, obéit à des conditions d'heures ou de cotisations. Une salariée peut donc être en congé maternité sans percevoir d'indemnités journalières si elle ne remplit pas ces conditions. Elle conserve alors ses droits au congé, et son employeur peut compléter sa rémunération selon la convention collective. L'Assurance Maladie verse les indemnités journalières sous réserve des conditions détaillées dans la section suivante.

Les conditions d'heures pour toucher les indemnités journalières

Pour percevoir des indemnités journalières pendant le congé maternité, la salariée doit justifier soit d'un nombre d'heures travaillées, soit d'un montant de cotisations versées. Deux seuils horaires alternatifs sont prévus par la réglementation de l'Assurance Maladie. Ils figurent à l'article L. 313-1 du Code de la sécurité sociale. L'alternative par cotisations concerne les salariées ayant cotisé sur un salaire au moins égal à un montant forfaitaire, mais ce mécanisme est moins souvent utilisé en pratique. Les périodes de chômage indemnisé, de formation professionnelle ou d'arrêt maladie peuvent être assimilées à du temps de travail effectif sous certaines conditions.

Le seuil de 150 heures sur 3 mois

La salariée doit justifier de 150 heures de travail salarié au cours des 3 mois civils ou des 90 jours précédant l'arrêt de travail pour grossesse. Ces heures doivent correspondre à un travail effectif ou à des périodes assimilées. Une salariée à temps partiel effectuant moins de 150 heures sur cette période n'atteindra pas le seuil, mais pourra se tourner vers l'autre critère.

Le seuil de 600 heures sur 12 mois

À défaut de 150 heures sur 3 mois, la salariée peut justifier de 600 heures de travail salarié au cours des 12 mois précédant le début de la grossesse. Ce seuil est plus accessible pour les salariées en CDD successifs, en intérim ou à temps partiel. Les heures de chaque contrat s'additionnent dès lors qu'elles relèvent du régime général.

Le cas où ni les heures ni les cotisations ne suffisent

Si la salariée n'atteint ni 150 heures sur 3 mois, ni 600 heures sur 12 mois, et si ses cotisations n'ont pas été versées sur un salaire suffisant, elle ne percevra pas d'indemnités journalières. Elle conserve néanmoins son droit au congé maternité. Dans ce cas, elle peut solliciter d'autres aides (voir la dernière section). La CPAM vérifie les conditions au vu de l'attestation de salaire transmise par l'employeur.

L'essentiel

  • Le droit au congé maternité ne dépend d'aucune condition d'heures ni d'ancienneté.
  • Les indemnités journalières exigent 150 h sur 3 mois ou 600 h sur 12 mois pour les salariées.
  • Les indépendantes doivent être affiliées 6 mois et cesser leur activité 8 semaines.
  • La durée du congé varie de 16 à 46 semaines selon le rang et la multiplicité.

Tableau récapitulatif : conditions selon votre statut

Le tableau ci-dessous résume les conditions d'indemnisation selon le statut professionnel. La lecture est immédiate : pour les salariées, le critère d'heures domine ; pour les indépendantes, c'est une condition d'affiliation et de cessation d'activité.

StatutCondition d'heures ou d'affiliation
Salariée en CDI150 h sur 3 mois ou 600 h sur 12 mois
Salariée en CDD ou intérimMêmes seuils horaires, contrats cumulés
Travailleuse indépendante (artisan, commerçant)Affiliation au régime depuis 6 mois + cessation d'activité de 8 semaines
Conjointe collaboratriceAffiliation au régime depuis 6 mois, pas de cessation complète requise

Ces conditions sont fixées par le Code de la sécurité sociale et précisées par l'Assurance Maladie sur son site Ameli.

Cas pratique chiffré : Julie, en CDD, a-t-elle droit aux indemnités ?

Prenons un cas concret. Julie enchaîne trois CDD comme agent d'accueil. Sur les 3 derniers mois civils précédant son congé maternité, elle totalise 112 heures de travail. Elle n'atteint donc pas le seuil de 150 heures. En revanche, sur les 12 mois précédant le début de sa grossesse, elle cumule 640 heures de travail (CDD, intérim et quelques vacations). Elle remplit ainsi le second critère de 600 heures. Julie percevra ses indemnités journalières, calculées sur la base de son salaire journalier de référence. Ce mécanisme de cumul sur 12 mois est déterminant pour les salariées précaires. L'attestation de salaire remplie par chaque employeur doit mentionner précisément les heures effectuées.

Erreur courante : confondre ancienneté et conditions d'indemnisation

L'erreur classique consiste à croire qu'une salariée récemment embauchée n'a pas droit au congé maternité. C'est faux. Le droit au congé ne dépend pas de l'ancienneté. Une salariée qui apprend sa grossesse deux semaines après son embauche peut bénéficier du congé dès le premier jour prévu. Ce qui lui fait défaut, ce sont éventuellement les indemnités journalières si elle n'a pas encore travaillé 150 heures sur les 3 derniers mois et n'a pas 600 heures sur les 12 derniers mois. La conséquence concrète : elle s'absente légalement, mais sans revenu de remplacement de l'Assurance Maladie. Anticiper ce point permet de vérifier ses droits auprès de la CPAM avant le départ en congé.

Avant même votre départ, vérifiez quand a-t-on le droit à l'heure de grossesse afin d'aménager vos horaires de travail.

Congé maternité pour les travailleuses indépendantes et auto-entrepreneuses

Les travailleuses indépendantes relèvent d'un régime différent : pas de seuil d'heures, mais une condition d'affiliation minimale et une obligation de cessation d'activité. Depuis la réforme du statut, les auto-entrepreneuses cotisent à la même assurance maternité que les autres indépendantes via l'Urssaf.

Condition d'affiliation de 6 mois

La travailleuse indépendante doit être affiliée à titre personnel au régime des travailleurs non salariés depuis au moins 6 mois au début du congé de maternité. Une auto-entrepreneuse créant son activité moins de 6 mois avant la grossesse ne pourra pas percevoir d'indemnités journalières, même si elle a cotisé. L'assimilation d'une ancienne affiliation au régime général est possible sous conditions.

Durée minimale de cessation d'activité

La cessation d'activité est obligatoire pendant au moins 8 semaines, dont 6 semaines après l'accouchement. L'indemnité journalière forfaitaire est versée pendant toute cette période, sous réserve de justifier de la cessation effective. Contrairement aux salariées, le montant de l'indemnité ne dépend pas du nombre d'heures travaillées mais des revenus déclarés.

La durée du congé maternité selon votre situation familiale

La durée légale du congé maternité varie selon le nombre d'enfants déjà à charge et le nombre d'enfants attendus. Ces durées s'appliquent indépendamment des conditions d'heures. Elles constituent un socle minimal que l'employeur ne peut réduire.

Premier ou deuxième enfant

Pour un premier ou un deuxième enfant, le congé maternité dure 16 semaines au total, réparties en 6 semaines de congé prénatal et 10 semaines de congé postnatal. Cette durée peut être modulée par la salariée : le congé prénatal peut être réduit ou augmenté dans certaines limites, avec report sur le postnatal.

À partir du troisième enfant

Pour une naissance portant le nombre d'enfants à charge à trois ou plus, la durée passe à 26 semaines : 8 semaines avant l'accouchement et 18 semaines après. La durée du congé prénatal peut être portée à 12 semaines pour une grossesse pathologique avec accord médical.

Naissances multiples

En cas de naissance de jumeaux, le congé est de 34 semaines (12 semaines avant, 22 après). Pour des triplés ou plus, il atteint 46 semaines (24 semaines avant, 22 après). Ces durées sont fixées par le Code du travail et s'imposent à l'employeur.

Que faire si vous n'atteignez pas le seuil requis ?

Si les conditions d'heures ou d'affiliation ne sont pas remplies, la salariée ou l'indépendante ne perçoit pas d'indemnités journalières de l'Assurance Maladie. Elle conserve le droit au congé, mais sans revenu de remplacement obligatoire. Plusieurs pistes existent. Le congé maternité sans indemnités journalières reste possible ; l'employeur peut maintenir le salaire en application d'une convention collective plus favorable. La salariée peut également solliciter la prime de naissance ou le complément familial de la Caf. Pour les indépendantes, le recours à l'allocation forfaitaire de repos maternel peut s'envisager sous conditions. Une vérification auprès de la CPAM ou de l'Urssaf permet de connaître précisément ses droits. Chaque situation est individuelle : un conseil personnalisé auprès de ces organismes ou d'un avocat spécialisé reste recommandé.

Pour faire le point sur l'ensemble des aides disponibles, découvrez quels sont mes droits en tant que femme enceinte.

Sources

Fiche pratique

Articles de loiCode du travail, articles L. 1225-17 et suivants ; Code de la sécurité sociale, articles L. 313-1 et suivants.
Seuil horaire salariées150 h sur 3 mois civils ou 90 jours ; sinon 600 h sur 12 mois avant grossesse.
Affiliation indépendantes6 mois minimum avant le début du congé maternité.
Cessation d'activité indépendantes8 semaines minimum, dont 6 après l'accouchement.
Déclaration de grossesseÀ effectuer avant la fin de la 14e semaine de grossesse auprès de la CPAM.
Organismes compétentsCPAM ou Ameli pour les salariées ; Urssaf pour les indépendantes.

Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.

Les questions fréquentes

Est-il possible d'avoir un arrêt de travail à 2 mois de grossesse ?

Oui. Un arrêt de travail pour grossesse pathologique ou pour maladie peut être prescrit dès le début de la grossesse. Il ne s'agit pas du congé maternité lui-même, mais d'un arrêt maladie classique, indemnisé selon les règles de l'Assurance Maladie. Les conditions d'heures pour les indemnités journalières s'appliquent également à cet arrêt.

Qui a le droit au congé maternité ?

Toute salariée enceinte, quel que soit son contrat (CDI, CDD, intérim), sans condition d'ancienneté ni d'heures travaillées. Les travailleuses indépendantes et conjointes collaboratrices ont également droit au congé, sous conditions d'affiliation et de cessation d'activité.

Est-ce que les congés maternité sont considérés comme du temps de travail effectif ?

Oui. Le congé maternité est assimilé à du temps de travail effectif pour le calcul de l'ancienneté, des congés payés et des droits liés au travail. Cette assimilation est prévue par le Code du travail et s'applique pendant toute la durée légale du congé.

Comment fonctionne un congé de maternité ?

Le congé maternité se compose d'un congé prénatal avant l'accouchement et d'un congé postnatal après. Sa durée varie de 16 à 46 semaines selon le rang de l'enfant et les naissances multiples. Pendant ce congé, la salariée perçoit des indemnités journalières si elle remplit les conditions d'heures ou de cotisations.