
Les 5 obligations du salarié envers l'employeur : ce que dit le Code du travail
Quelles sont les 5 obligations du salarié ? Bonne foi, loyauté, sécurité, subordination, discrétion : guide pratique avec sanctions et cas concrets selon

Les 5 obligations du salarié sont : exécuter le travail avec soin et diligence, respecter les directives et la discipline de l'employeur, faire preuve de loyauté (y compris une obligation de non-concurrence pendant l'exécution du contrat), veiller à sa sécurité et à celle des autres, et respecter la confidentialité des informations de l'entreprise. Ces obligations, fondées sur le Code du travail et le Code civil, exposent le salarié à des sanctions disciplinaires graduées en cas de manquement.
Les 5 obligations du salarié découlent directement du contrat de travail et du lien de subordination juridique qui l'unit à l'employeur. Exécuter le travail avec soin, respecter les directives, faire preuve de loyauté, veiller à sa sécurité et à celle des autres, préserver la confidentialité des informations : ces devoirs ne sont pas de simples recommandations. Leur non-respect expose le salarié à des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu'au licenciement pour faute grave, voire à des poursuites pénales dans les cas les plus sérieux.
Ce qu'il faut retenir
- Les 5 obligations du salarié sont : exécuter le travail avec soin, respecter les directives, être loyal, veiller à la sécurité et respecter la confidentialité.
- Une obligation de non-concurrence post-contractuelle exige une clause écrite avec contrepartie financière ; sans clause, la prohibition cesse à la fin du contrat.
- L'échelle des sanctions va de l'avertissement au licenciement pour faute lourde ; la faute lourde suppose l'intention de nuire.
- L'obligation du salarié est généralement de moyen, pas de résultat : un objectif non atteint n'est pas automatiquement une faute.
Pourquoi le contrat de travail crée des obligations réciproques
Le contrat de travail est un contrat synallagmatique : il engage les deux parties dans un échange d'obligations. D'un côté, l'employeur doit fournir un travail et le rémunérer, assurer la sécurité du salarié, le former et respecter son droit à la déconnexion. De l'autre, le salarié s'engage à exécuter ses fonctions sous l'autorité de l'employeur. Ce lien est encadré par le Code du travail, mais aussi par le Code civil, qui pose un principe fondamental : l'exécution de bonne foi des conventions.
Cette réciprocité explique pourquoi chaque obligation du salarié trouve son pendant chez l'employeur. L'obligation de sécurité pesant sur le salarié répond à celle, bien plus large, qui incombe à l'employeur (articles L4121-1 à L4121-5 du Code du travail). De même, l'obligation de loyauté du salarié fait écho à l'obligation de bonne foi que l'employeur doit respecter dans la mise en œuvre de son pouvoir de direction. Comprendre cette logique permet d'appréhender les devoirs du salarié non comme des contraintes autoritaires, mais comme le corollaire nécessaire des droits qu'il tire du contrat.
Le lien de subordination, fondement de l'obligation salariale
Le lien de subordination juridique est le critère central du contrat de travail, constamment rappelé par la Cour de cassation. Il se définit comme le pouvoir de l'employeur de donner des ordres et des directives, d'en contrôler l'exécution et d'en sanctionner les manquements. C'est ce lien qui distingue le salarié du travailleur indépendant.
Concrètement, cela signifie que le salarié accepte, en signant son contrat, de placer son activité sous l'autorité d'un employeur. Il ne choisit pas librement ses horaires, ses méthodes ou ses missions : il les reçoit. Ce pouvoir de direction est encadré : il ne peut être discriminatoire, porter atteinte aux libertés fondamentales ou être exercé de façon abusive : mais il reste le socle de la relation salariale. Les cinq obligations détaillées ci-dessous en sont l'expression directe.
Bonne foi et exécution loyale : une obligation légale, pas morale
L'article 1104 du Code civil énonce que « les contrats doivent être négociés, formés et exécutés de bonne foi. Cette disposition est d'ordre public. » Appliqué au contrat de travail, ce principe signifie que ni l'employeur ni le salarié ne peuvent se comporter de manière à léser l'autre partie, même sans enfreindre une règle écrite précise.
La bonne foi irrigue toutes les obligations du salarié. Elle fonde le devoir de loyauté, qui interdit au salarié d'exercer une activité concurrente pendant l'exécution du contrat, même en l'absence de clause spécifique. Elle justifie aussi que l'employeur ne puisse pas sanctionner un salarié pour un motif étranger à son travail ou imposer des sujétions disproportionnées. Un manquement à la bonne foi peut être sanctionné disciplinairement ET donner lieu à des dommages et intérêts devant le conseil de prud'hommes.
Les 5 obligations du salarié passées au crible
Chacune des cinq obligations qui suivent constitue un pilier de la relation de travail. Elles ne sont pas classées par ordre d'importance : un manquement à l'une quelconque peut justifier une sanction disciplinaire. Ce qui détermine la sévérité de la réponse de l'employeur, c'est la gravité du manquement, son caractère répété et ses conséquences pour l'entreprise. Voici le passage condensé qui synthétise l'ensemble des obligations avant d'entrer dans le détail :
Important : Le salarié doit (1) exécuter personnellement les tâches pour lesquelles il a été engagé avec le soin attendu d'un professionnel normalement compétent ; (2) se conformer aux directives, au règlement intérieur et à la discipline de l'entreprise ; (3) s'abstenir de tout acte de concurrence ou de déloyauté envers l'employeur pendant l'exécution du contrat ; (4) prendre soin de sa sécurité et de celle de ses collègues en appliquant les consignes et en utilisant les équipements fournis ; (5) ne pas divulguer les informations confidentielles dont il a connaissance dans l'exercice de ses fonctions. Tout manquement peut entraîner une sanction disciplinaire proportionnée, de l'avertissement au licenciement.
1. L'obligation d'exécuter le travail avec soin et diligence
Première obligation du salarié : accomplir effectivement les tâches pour lesquelles il a été recruté. Le contrat de travail mentionne la qualification, les fonctions et la rémunération convenue. Le salarié s'engage à fournir une prestation conforme à ce qui a été défini. Il ne peut pas, de sa propre initiative, modifier le contenu de son poste ou refuser d'exécuter les missions entrant dans ses attributions.
Le niveau de soin exigé est celui d'un professionnel normalement compétent dans son domaine. On parle ici d'obligation de moyen, pas de résultat : un commercial qui ne décroche pas ses objectifs ne commet pas nécessairement une faute. En revanche, un salarié qui reste inactif pendant ses heures de travail, qui bâcle délibérément ses missions ou qui refuse systématiquement les tâches confiées manque à son obligation de diligence. La sanction dépendra de l'ampleur du préjudice causé à l'entreprise et du caractère répété des manquements.
2. L'obligation de respecter les directives et la discipline de l'employeur
Le pouvoir de direction de l'employeur autorise celui-ci à imposer des règles de fonctionnement : horaires, méthodes de travail, utilisation des outils, règles de comportement. Ces directives prennent corps dans le contrat de travail, le règlement intérieur, les notes de service ou les consignes orales. Le salarié doit s'y conformer, sauf si elles sont illicites ou portent atteinte à ses droits fondamentaux.
Cette obligation couvre un spectre large : respecter les horaires, utiliser les outils de l'entreprise conformément à leur destination, ne pas quitter son poste sans autorisation, adopter un comportement correct avec ses collègues et la hiérarchie. Le refus répété d'obéir à des consignes légitimes caractérise une insubordination, qui peut constituer une faute grave justifiant un licenciement sans préavis ni indemnité. Le juge prud'homal contrôle cependant la proportionnalité de la sanction au regard des faits reprochés.
3. L'obligation de loyauté et de non-concurrence pendant le contrat
L'obligation de loyauté interdit au salarié d'exercer une activité concurrente pendant toute la durée d'exécution du contrat de travail. Cette interdiction s'applique même sans clause spécifique dans le contrat : elle découle directement du principe de bonne foi de l'article 1104 du Code civil. Un salarié ne peut pas travailler pour un concurrent, créer une entreprise dans le même secteur, ou détourner la clientèle de son employeur à son profit.
Cette prohibition cesse en principe à la fin du contrat. Pour qu'elle survive au départ du salarié, l'employeur doit avoir inséré une clause de non-concurrence post-contractuelle dans le contrat de travail. Selon la jurisprudence constante, cette clause n'est valable que si elle est limitée dans le temps et dans l'espace, indispensable à la protection des intérêts légitimes de l'entreprise, et assortie d'une contrepartie financière versée après la rupture. Un employeur ne peut donc pas invoquer une obligation générale de non-concurrence une fois le contrat rompu.
4. L'obligation de sécurité : protéger sa santé et celle des autres
L'obligation de sécurité est souvent présentée comme une prérogative exclusive de l'employeur. Pourtant, le salarié a aussi des devoirs dans ce domaine. Selon service-public.fr (2025), le salarié doit : respecter les consignes de sécurité en vigueur dans l'entreprise, utiliser les équipements de protection mis à sa disposition (casque, gants, chaussures de sécurité, etc.), et suivre les formations à la sécurité organisées par l'employeur.
Cette obligation est personnelle : un salarié qui ne porte pas ses équipements de protection ou qui ne respecte pas les consignes de sécurité peut engager sa responsabilité disciplinaire. Si son comportement met en danger ses collègues, la faute peut être qualifiée de grave. Dans les cas extrêmes : conduite en état d'ivresse sur le lieu de travail, violation délibérée de règles de sécurité ayant entraîné un accident : des poursuites pénales sont également possibles. En miroir, l'employeur conserve une obligation de sécurité renforcée : selon l'article L4121-1 du Code du travail, il doit prendre « les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ». Ces mesures incluent des actions de prévention, d'information et de formation.
5. L'obligation de discrétion et de confidentialité
Le salarié a accès, dans l'exercice de ses fonctions, à des informations sur l'entreprise, ses clients, ses méthodes, ses résultats financiers et ses projets. L'obligation de discrétion lui impose de ne pas divulguer ces informations à des tiers pendant la durée du contrat. Cette obligation ne nécessite pas de clause spécifique pour exister : elle découle du devoir général de loyauté.
Certains salariés sont soumis à une obligation renforcée. Les cadres et les personnes exposées à des données stratégiques peuvent être tenus par une clause de confidentialité contractuelle, dont la violation constitue une faute. Certaines professions sont par ailleurs astreintes au secret professionnel (avocats, médecins, experts-comptables), dont la violation est pénalement sanctionnée. Même après la rupture du contrat, le salarié ne peut pas utiliser les informations confidentielles de son ancien employeur pour nuire à celui-ci ou avantager un concurrent : la jurisprudence y voit un acte de concurrence déloyale engageant sa responsabilité civile.
Tableau récapitulatif des obligations du salarié, bases légales et sanctions
Ce tableau permet de visualiser en un coup d'œil les cinq obligations, leur fondement juridique, un exemple concret de manquement et l'éventail des sanctions possibles. Les sanctions disciplinaires sont toujours proportionnées à la gravité des faits, et le juge prud'homal peut contrôler cette proportionnalité a posteriori.
- Exécution avec soin et diligence | Contrat de travail, art. 1104 Code civil | Abandon de poste, refus systématique de tâches, inactivité prolongée | Avertissement à licenciement pour faute grave
- Respect des directives et de la discipline | Règlement intérieur, pouvoir de direction de l'employeur | Insubordination, non-respect répété des horaires, usage détourné des outils | Avertissement à licenciement pour faute grave
- Loyauté et non-concurrence | Art. 1104 Code civil (bonne foi) | Création d'une entreprise concurrente, travail pour un concurrent pendant le contrat | Licenciement pour faute grave, dommages et intérêts
- Sécurité (santé et prévention) | Code du travail, service-public.fr (2025) | Non-port des EPI, non-respect des consignes de sécurité, non-suivi des formations | Avertissement à licenciement, poursuites pénales possibles
- Discrétion et confidentialité | Obligation de loyauté, clause contractuelle éventuelle | Divulgation de secrets de fabrication, transmission de fichiers clients à un tiers | Licenciement pour faute grave ou lourde, poursuites pénales si secret professionnel
Attention : La qualification de la faute (simple, grave, lourde) relève de l'appréciation souveraine des juges du fond. Une faute grave prive le salarié du préavis et de l'indemnité de licenciement. La faute lourde suppose l'intention de nuire à l'employeur et peut en outre engager la responsabilité civile du salarié pour le préjudice causé.
Cas pratique : salariée en télétravail qui crée une activité concurrente
Rien ne vaut un scénario concret pour comprendre comment ces obligations s'articulent et ce qu'elles impliquent dans la vraie vie. Le cas suivant est fictif mais représentatif de situations régulièrement soumises aux juges prud'homaux.
Les faits du scénario
Sophie est cheffe de projet marketing dans une agence digitale de 40 salariés, en CDI depuis 4 ans. En télétravail deux jours par semaine, elle gère des campagnes pour des clients du secteur de la mode. Six mois avant les faits, elle crée une micro-entreprise (statut auto-entrepreneur) proposant des services de « consulting en stratégie digitale », sans en informer son employeur. Elle démarche plusieurs prospects, dont l'un figurait dans le fichier clients de son agence. L'employeur découvre l'activité parallèle via le profil LinkedIn de Sophie, où elle promeut ses services de consultante.
L'analyse juridique obligation par obligation
Obligation de loyauté et de non-concurrence : Sophie exerce une activité dans le même secteur que son employeur et démarche des prospects, ce qui contrevient directement au devoir de loyauté découlant de l'article 1104 du Code civil. Peu importe l'absence de clause de non-concurrence dans son contrat : la prohibition s'applique pendant l'exécution du contrat.
Obligation d'exécution avec soin et diligence : Sophie consacre du temps à son activité personnelle durant ses heures de télétravail. Cela caractérise un manquement à l'obligation d'exécuter loyalement sa prestation.
Obligation de confidentialité : Le démarchage d'un client de l'agence laisse présumer l'utilisation des informations professionnelles à des fins personnelles, en violation du devoir de discrétion.
L'issue probable et les recours possibles
L'employeur convoque Sophie à un entretien préalable à licenciement. La convocation peut intervenir dans les deux mois suivant la découverte des faits (article L1332-4 du Code du travail). L'employeur notifie un licenciement pour faute grave, estimant que l'acte de concurrence déloyale, le démarchage d'un client et l'utilisation du temps de travail à des fins personnelles constituent une violation grave des obligations contractuelles rendant impossible le maintien de la salariée dans l'entreprise.
Si cette qualification est retenue, Sophie perd le droit au préavis (3 mois pour une cadre, selon la convention collective applicable) et à l'indemnité légale de licenciement, soit pour 4 ans d'ancienneté : 1 an de salaire brut (4 × 1/4 de mois). Elle conserve en revanche le droit aux allocations chômage (ARE). Sophie peut contester le licenciement devant le conseil de prud'hommes dans un délai de 12 mois suivant la notification (article L1471-1 du Code du travail), en arguant d'une disproportion entre les faits reprochés et la sanction. Pour toute situation individuelle, le recours à un avocat spécialisé est indispensable. Notre guide sur les droits du salarié en cas de licenciement détaille la procédure et les indemnités.
Pour toute situation individuelle, le recours à un avocat spécialisé est indispensable. Notre guide sur les droits du salarié en cas de licenciement détaille la procédure et les indemnités.
L'erreur courante : confondre obligation de résultat et obligation de moyen
Un commercial qui rate ses objectifs trimestriels, un développeur qui livre son projet avec deux semaines de retard, un chargé de recrutement qui peine à pourvoir un poste difficile : ces situations conduisent souvent le salarié à s'inquiéter d'une sanction. Beaucoup pensent qu'un résultat non atteint constitue automatiquement un manquement à ses obligations.
En droit du travail, l'obligation du salarié est généralement une obligation de moyen, pas de résultat. Cela signifie que le salarié s'engage à mobiliser les efforts raisonnablement attendus pour accomplir sa mission, pas à garantir un résultat précis. L'employeur qui voudrait sanctionner un objectif commercial manqué devrait démontrer que le salarié n'a pas mis en œuvre les moyens nécessaires : défaut de prospection, absence de relance des prospects, désorganisation volontaire.
L'exception : certaines professions (comptables, avocats, transporteurs pour les délais) peuvent être tenues d'obligations de résultat sur des aspects spécifiques de leur prestation. Un contrat de travail peut également fixer des obligations précises dont l'inexécution est objectivement constatable. Mais en dehors de ces cas, l'insuffisance de résultats ne se confond pas avec l'insuffisance professionnelle, et encore moins avec la faute disciplinaire. La confusion entre les deux notions pousse des salariés à accepter un licenciement pour insuffisance de résultats sans le contester, alors que l'employeur aurait dû prouver une carence dans les moyens mis en œuvre. Consulter un avocat avant d'accepter une rupture pour ce motif est donc essentiel.
Droits et devoirs du salarié : les obligations de l'employeur en miroir
Chaque obligation du salarié répond à un droit, et chaque droit du salarié correspond à une obligation de l'employeur. Voici les principales obligations de l'employeur, qui forment le pendant des cinq devoirs détaillés plus haut :
- Fournir un travail et le rémunérer : l'employeur doit verser le salaire convenu au moins une fois par mois et fournir les moyens nécessaires à l'exécution de la prestation.
- Assurer la sécurité et protéger la santé : selon les articles L4121-1 à L4121-5 du Code du travail, l'employeur prend « les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ». Cela inclut des actions de prévention, d'information, de formation et la mise en place d'une organisation adaptée.
- Former et adapter les compétences : l'employeur doit assurer l'adaptation du salarié à son poste de travail et veiller au maintien de sa capacité à occuper un emploi (article L6321-1 du Code du travail).
- Respecter les droits et libertés fondamentaux : pas de discrimination, respect de la vie privée, droit à la déconnexion, liberté d'expression dans les limites de l'obligation de réserve.
- Organiser un entretien professionnel tous les deux ans (tous les ans pour les salariés en forfait jours) pour évoquer les perspectives d'évolution professionnelle.
Cette réciprocité fait du contrat de travail un équilibre dynamique. Le salarié qui connaît les obligations de son employeur est mieux armé pour faire valoir ses droits. Des obligations naissent aussi en dehors de tout contrat : notre article sur les obligations nées sans contrat explicite en détaille le mécanisme.
Des obligations naissent aussi en dehors de tout contrat : notre article sur la définition des quasi contrats en détaille le mécanisme.
Que risque un salarié qui ne respecte pas ses obligations ?
La violation des obligations du salarié expose à des sanctions disciplinaires graduées. Le Code du travail (article L1331-1) définit la sanction comme « toute mesure, autre que les observations verbales, prise par l'employeur à la suite d'un agissement du salarié considéré par lui comme fautif ».
L'échelle des sanctions, de la plus légère à la plus lourde :
- Avertissement : mise en garde écrite. Peut être retiré du dossier après trois ans si aucun autre incident.
- Blâme : réprimande inscrite au dossier, sans conséquence financière immédiate.
- Mise à pied disciplinaire : suspension du contrat sans rémunération, limitée dans le temps par le règlement intérieur.
- Mutation ou rétrogradation : changement de poste ou d'affectation, que le salarié peut refuser (ce refus pouvant justifier un licenciement).
- Licenciement pour faute simple : le salarié conserve son préavis et ses indemnités de licenciement.
- Licenciement pour faute grave : rupture immédiate sans préavis ni indemnité légale de licenciement. La faute grave rend impossible le maintien du salarié dans l'entreprise, même pendant la durée du préavis.
- Licenciement pour faute lourde : suppose l'intention de nuire à l'employeur. Prive le salarié du préavis et de l'indemnité de licenciement, et peut engager sa responsabilité civile (dommages et intérêts).
Attention : une sanction ne peut pas être prononcée plus de deux mois après que l'employeur a eu connaissance des faits (article L1332-4 du Code du travail). Une même faute ne peut pas être sanctionnée deux fois. Et le juge prud'homal contrôle la proportionnalité de la sanction : un avertissement peut être disproportionné pour un retard isolé, tout comme un licenciement pour une insubordination mineure. Dans les cas les plus graves (violation du secret professionnel, actes de concurrence déloyale causant un préjudice important, mise en danger délibérée d'autrui), des poursuites pénales peuvent s'ajouter aux sanctions disciplinaires.
Droit du salarié en CDI : obligations spécifiques et protections associées
Les cinq obligations du salarié s'appliquent quel que soit le type de contrat : CDI, CDD, intérim, temps partiel. Aucune différence de nature : un salarié en CDD doit les mêmes devoirs de loyauté, de sécurité et de discrétion qu'un salarié en CDI.
Le CDI offre cependant des protections renforcées qui encadrent le pouvoir de sanction de l'employeur. La procédure de licenciement est strictement réglementée : convocation à un entretien préalable, respect d'un délai minimal de 5 jours ouvrables entre la convocation et l'entretien, notification motivée de la rupture, respect d'un préavis dont la durée dépend de l'ancienneté et de la convention collective. Le salarié licencié bénéficie également d'indemnités légales, sauf en cas de faute grave ou lourde. L'ancienneté ne modifie pas les obligations du salarié, mais elle renforce ses droits : le préavis s'allonge, l'indemnité de licenciement augmente, et la protection contre le licenciement abusif se consolide.
Pour une présentation complète de la procédure de licenciement et des droits qui y sont attachés, consultez notre guide complet des droits du salarié en cas de licenciement.
Fiche pratique
| Articles de loi de référence | Art. 1104 Code civil (bonne foi) ; Art. L4121-1 à L4121-5 Code du travail (sécurité) ; Art. L1331-1 et L1332-4 Code du travail (sanctions disciplinaires) ; Art. L1471-1 Code du travail (prescription prud'homale : 12 mois) ; Art. L6321-1 Code du travail (formation) |
| Juridiction compétente en cas de litige | Conseil de prud'hommes (délai de saisine : 12 mois à compter de la notification du licenciement) |
| Sanctions disciplinaires possibles | Avertissement, blâme, mise à pied, mutation, rétrogradation, licenciement pour faute simple/grave/lourde |
| Prescription des faits fautifs | 2 mois à compter de la connaissance des faits par l'employeur (art. L1332-4) |
| Obligations de sécurité du salarié (service-public.fr, 2025) | Respecter les consignes de sécurité, utiliser les EPI, suivre les formations sécurité |
| Contact officiel | Inspection du travail (pour tout signalement ou information sur les droits) |
Sources
Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.
Les questions fréquentes
Quelles sont les obligations d'un salarié ?
Le salarié a cinq obligations principales envers son employeur : exécuter le travail avec soin et diligence, respecter les directives et la discipline, faire preuve de loyauté (y compris une obligation de non-concurrence pendant le contrat), veiller à sa sécurité et à celle de ses collègues en respectant les consignes et en utilisant les équipements de protection, et préserver la confidentialité des informations de l'entreprise. Ces devoirs découlent du contrat de travail, du principe de bonne foi de l'article 1104 du Code civil et du lien de subordination juridique.
Quelles sont les 5 obligations de l'employeur ?
Les cinq obligations principales de l'employeur sont : fournir un travail conforme au contrat et verser le salaire convenu ; assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés (articles L4121-1 à L4121-5 du Code du travail) ; former et adapter les compétences du salarié à son poste (article L6321-1) ; respecter les droits et libertés fondamentaux (non-discrimination, vie privée, déconnexion) ; et organiser un entretien professionnel tous les deux ans pour évoquer les perspectives d'évolution.
Quels sont les 5 principes et droits fondamentaux au travail ?
Les principes et droits fondamentaux au travail, tels que consacrés par la Déclaration de l'OIT de 1998 et le droit français, incluent : la liberté d'association et la reconnaissance effective du droit de négociation collective, l'élimination de toute forme de travail forcé ou obligatoire, l'abolition effective du travail des enfants, l'élimination de la discrimination en matière d'emploi et de profession, et le droit à un environnement de travail sûr et salubre. Le Code du travail français transpose ces principes à travers de nombreux articles (égalité professionnelle, harcèlement, liberté syndicale, durée du travail).
Quelles sont les obligations du personnel ?
Les obligations du personnel recouvrent l'ensemble des devoirs du salarié dans l'exécution de son contrat de travail : exécuter les tâches confiées avec soin et diligence, respecter le règlement intérieur, les consignes et la discipline, faire preuve de loyauté envers l'employeur (ne pas exercer d'activité concurrente pendant le contrat), veiller à sa sécurité et à celle de ses collègues en appliquant les consignes de sécurité et en utilisant les équipements de protection, et respecter la confidentialité des informations de l'entreprise. Ces obligations s'appliquent quel que soit le type de contrat.
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